J’ai testé la Scientologie

Depuis un an, la scientologie joue des coudes pour se faire remarquer à Bruxelles. En janvier 2010, elle y inaugurait en grande pompe sa plus grande Eglise européenne, boulevard de Waterloo. Une vitrine gigantesque – 8000m2, conçue pour donner une image respectable à l’Eglise, alors que cette dernière pourrait être renvoyée en correctionnelle devant la justice belge prochainement pour exercice illégal de la médecine, escroquerie ou encore organisation de malfaiteurs. En France, elle a été condamnée en 2009 pour escroquerie en bande organisée et a fait appel.

En attendant, les partisans de L. R. Hubbard multiplient les opérations séduction à destination du public. En 6 mois, j’ai moi-même reçu trois de leurs flyers dans ma boîte aux lettres, dont une entrée libre pour le film La Dianétique sous-titré « Partez à la découverte de vous-même ». L’occasion rêvée d’aller pousser la porte de leur nouveau QG. Voici mon parcours, confronté à l’expérience de Roger, un ancien scientologue.

JOUR 1 PHASE 1

A la découverte de moi-même…

Me voilà donc à l’entrée de ce gigantesque bâtiment, d’un blanc immaculé, un rien mégalo. A la porte, une grande croix scientologue argentée, qui ne laisse aucun doute sur la nature des lieux. Très vite, un certain David vient me chercher. Pantalon de costard et pull à col roulé noirs, cheveux gominés en arrière : une parfaite allure d’acteur américain. Sans me poser de questions, il m’amène dans une petite salle de cinéma dernier cri, où je vais pouvoir partir à la découverte de moi-même. Ou plutôt de la Dianétique, fondement de la scientologie.

La séance commence. Sur des images dignes d’un mauvais sitcom, des acteurs surjouant des engueulades de couple ou des scènes de maltraitance m’apprennent ce qui nous rend incapables de nous épanouir : nous disposons tous d’un mental réactif, pollué par des « engrammes », autrement dit des traumatismes vécus qui détraquent notre raisonnement. Heureusement, la Dianétique a trouvé une solution : l’audition. Elle consiste à retourner dans un événement traumatique et le raconter encore et encore à un « auditeur », pour nettoyer les fameux engrammes.

A la sortie du film, David veut savoir ce que je cherche exactement. « Pour chaque problème, nous avons des solutions. Des cours de management, des séminaires de communication, d’efficacité personnelle ». Je me présente comme Marie, en quête d’un sens à sa vie, après une rupture amoureuse.

« Connaissez-vous l’éléctropsychomètre ? », me lance David, comme une réponse à mon désarroi. Il me montre un gros cadran en plastique muni d’aiguilles de mesure, d’où sortent deux fils terminés par des rouleaux en fer, que je dois prendre en main tout en me concentrant sur un de mes proches. « Rassurez-vous ce n’est pas un détecteur de mensonge. Cet appareil mesure l’intensité des émotions dans le corps ». J’essaye de me concentrer, mais avant même d’avoir commencé à focaliser mon attention sur un de mes proches, l’aiguille s’affole brutalement. « C’est chargé d’émotions. A qui pensiez-vous ? ». euh… à mon ex ? dis-je, pour noyer le poisson. Paf l’aiguille repart. « A qui pensiez-vous là ? »  « Euh… Je cherchais quelqu’un à qui penser ». Pas très convaincant le coup de l’électromètre… Sauf que d’après David, c’est grâce à cela qu’on peut trouver les engrammes. CQFD. Les scientologue l’utilisent régulièrement pour leurs auditions (facturé jusqu’à 5.000 euros selon d’anciens scientologues).

Puisque je suis venue pour en savoir plus, et que David se répand maintenant en éloge sur chacun des bouquins signés Ron Hubbard, je décide d’acheter la Dianétique, ainsi qu’un livre intitulé self-analyse, histoire d’essayer ça chez moi. 29 euros pour deux livres de développement personnel, c’est correct. Cerise sur le gâteau, avant de partir, il me propose une audition gratuite. Une mise en pratique sans débourser un copeck, c’est alléchant. J’accepte.

Roger, ex-scientologue : « La scientologie commence toujours par appâter en proposant un produit clé sur porte. Pour chaque demande, elle a préparé une réponse systématique. Au départ, il y a une phase euphorique. On est en recherche et la scientologie semble nous apporter des solutions. On se dit que ça marche ! »

JOUR 2 PHASE 2

Libérée

J’ai rendez-vous cette fois avec un certain Jacques. La cinquantaine bien tapée, les cheveux poivre et sel, la moustache grisonnante, Jacques arbore un sourire bienveillant, qui me rassure. Dans une petite salle d’un blanc toujours aussi immaculé, je m’assieds confortablement dans un siège, face à son bureau. Comme chez le médecin. Selon la Dianétique, en une vingtaine d’heures d’audition je devrais pouvoir être « libérée » de la plupart de mes angoisses et maladies. Résultat : fini la peur de la mort, sans compter que mon QI devrait logiquement augmenter ! Pas franchement crédible. Mais rien ne vaut l’expérience. Nous commençons donc.

« Ferme les yeux. Quand je prononcerai le mot annulé en fin de séance, tout ce que je t’aurais dit n’aura aucun effet sur toi. Maintenant, retourne au début de l’incident et traverse le. »
Je rentre d’une soirée, mon copain est impossible à joindre depuis un moment, j’ai un pressentiment, je me sens nauséeuse. Je ne vois pas grand chose d’autre.

« Que vois-tu ? des couleurs ? Y a t’il des odeurs ? Que ressens-tu ? » me demande Jacques, qui m’a expliqué qu’une audition ne consiste pas dans le fait de se souvenir d’un événement mais de le revivre.
Peu a peu, je vois la scène, les meubles de l’appartement, je ressens ma rage, j’ai la nausée, la bouche pâteuse d’avoir trop fumé. Je sens même l’odeur de cigarette. Je vois mon ami de l’époque, notre engueulade. Je me sens seule et blessée, j’ai chaud, je tremble un peu, j’ai envie de vomir. Il me dégoute, je me dégoute.

« D’accord. Retourne au début de l’incident et retraverse le. »
Obéissante je recommence et raconte de nouveau. Je vois d’autres détails. Le mont de vaisselle dans la cuisine. Et toujours cette nausée, cette impression d’avoir avalé un cendrier. Est-ce que je suis en train d’inventer ? De mélanger ? Ca n’a pas l’air d’inquiéter Jacques, qui me dit de continuer. Une fois au bout, il me demande de revenir. Encore et encore.

Deux heures plus tard, sans même m’en rendre compte, je traverse l’incident comme si je me repassais une cassette vidéo en boucle. Je suis détachée de tout ca. J’en rigole presque. Et c’est fini. J’ouvre les yeux. J’ai la tête qui tourne. Mais c’est vrai que je me sens bien, soulagée.

Roger :  « Le mental réactif est une invention qui permet de faire abandonner à la personne sa propre façon de penser pour la transformer, sans qu’elle le sache. Le but de l’audition, c’est de faire croire à la personne qu’elle se libère, tout en vidant ses pensées pour les remplacer par la scientologie. Elle ne peut ensuite plus rien remettre en question puisqu’elle pense autrement et devient un petit soldat, coupé de tout, qui paye de plus en plus cher pour alimenter la machine ».

JOUR 3 PHASE 3

Plus jamais malade, sans médecine

Ce matin, j’ai rendez-vous à 9h, pour le début du « séminaire Hubbard de Dianétique ». Forcément, Jacques ne m’a pas laissé partir comme ca. D’après lui, pour 78 euros seulement, cette formation « géniale » devrait m’apprendre à auditer et à me faire auditer. La base ! Les scientologues passent d’ailleurs une majeure partie de leur temps à pratiquer l’audition.

Avant de commencer, je dois signer des documents, pour certifier que je ne suis pas suivie par un psy, que je ne souffre pas de troubles mentaux, que je ne prends pas de médicament, que je ne prétends pas obtenir une quelconque guérison en suivant ce séminaire, etc. Face à cette feuille, je suis quelque peu désarçonnée. Et inquiète.

Sans le savoir, je viens de lancer Jacques dans une diatribe anti-psychiatrie, chère à la scientologie et qu’il poursuivra régulièrement tout au long du séminaire. « Les psychiatres savent qu’on détient la vérité. Ron Hubbard a démontré que les médicaments sont mauvais et inutiles. Mais on les dérange. Pourtant, les scientologues ne prennent pas de médicaments et ne sont jamais malades. Ils réussissent super bien dans la vie. D’ailleurs, Ron Hubbard a aussi créé un parcours de purification, avec du sport, du sauna, un régime alimentaire particulier. J’ai un ami qui s’est débarrassé de son cancer de la peau grâce à ça ».
« Non ??? »
« Si si, c’est génial ».
Gloups. Jacques commence à m’inquiéter. Et la perspective du séminaire aussi.

Mais nous démarrons tranquillement, avec une séance ciné sur la dianétique : j’apprends qu’il est totalement impossible de ne pas avoir d’engrammes. Ron Hubbard aurait d’ailleurs « prouvé scientifiquement que nous vivions plusieurs vies. » Je pressens que cette entreprise de nettoyage pourrait bien se révéler sans fin.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’une fois libérée de tout cela, je n’aurai vraiment plus aucun problème. Mieux : 70% des maladies psychosomatiques sont liées aux engrammes. Me dis pas que je vais guérir de mes ulcères par l’audition ? « Si, bien sûr », répond Jacques, pas peu fier de son affirmation. Il me racontera plus tard l’épisode d’une femme qui aurait retrouvé les fonctions motrices d’une de ses mains paralysées en pleine audition.

JOUR 3 PHASE 4

Entrer dans le groupe

Cet après midi, un autre « jeune néophyte » doit nous rejoindre. J’ai hâte. Parce que pour l’instant, je suis la seule participante du stage et je ne croise pas grand monde dans ces locaux. D’ailleurs, très peu de Belges font partie du staff à Bruxelles. La majorité sont Français – comme Jacques- ou encore Néerlandais voire Italiens. La scientologie a visiblement du mal à recruter en Belgique, où les scientologues seraient entre 200 et 400, selon le CIAOSN, centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles, qui explique : « La scientologie multiplie les actions visant à se donner une visibilité honorable, une image de puissance aussi, mais, si l’on prend comme critère de succès le nombre de personnes nouvellement « converties », cela ne fonctionne pas du tout en Belgique ».

Heureusement, Nicolas arrive vers 13h. Ce Bruxellois d’une vingtaine d’années, originaire du Burundi, est étudiant. Il a connu la Dianétique il y a huit mois, quand un scientologue lui a parlé de leurs activités à la sortie du métro. A l’époque, son père est mort depuis un peu plus d’un an. « Je faisais n’importe quoi à cette époque. J’ai commencé par un cours d’efficacité personnelle, j’ai tout de suite vu les résultats. Alors que j’étais timide, je vais désormais naturellement vers les autres ». Depuis, Nicolas travaille comme bénévole tous les soirs dans les locaux de la scientologie, après les cours. « Je suis dans le staff », lance t il, visiblement fier de ce titre. Il y a quelques mois, il est même allé suivre un cours de dissémination (comprenez : apprendre à parler de la scientologie au monde et diffuser ses idées) à Copenhague.

Quand j’écoute Nicolas me parler, j’ai l’impression d’entendre une bande son pré-enregistrée. « Il faut devenir cause et non effet de sa vie. » Quand je lui parle des critiques qui sont faites sur la scientologie : « C’est parce qu’elle dérange. Si tu ne dérange pas, personne ne te combat ». Le discours est rôdé, Nicolas a une réponse à tout. Il y a à peine une heure, Jacques m’a dit textuellement la même chose. Le discours est rôdé, Nicolas a une réponse à tout. Pourtant, il n’a toujours pas lu la Dianétique. Je croyais naïvement que c’était la base.

Pendant une journée et demie, nous allons apprendre à auditer ensemble, après avoir regardé une série de films expliquant le « code de l’auditeur », qui doit être « bienveillant, patient, persévérant, courageux ». Je ne me sens pas trop à l’aise. « Si l’audité souffre trop et nous supplie d’arrêter en pleine séance, que faire ? »  Ma question ne semble pas les faire douter. « Il ne faut pas arrêter la séance avant d’avoir tout nettoyé. De toute façon, ce n’est pas la personne qui parle dans ces cas là, c’est son mental réactif ». Euh… Vive la mort du libre-arbitre, c’est ca ?

Pour mon audition, j’ai choisi un événement sans gravité, une chute sur la tête que j’ai faite enfant. Nicolas commence le rituel, grâce au manuel de procédure, où sont notées les questions à poser. Une heure plus tard, je suis délestée de quelques engrammes.

Après la pause, je suis « auditeur ». Je lis les phrases indiquées, me concentre sur Nicolas. Je me sens responsable de son avancée. Comme si je me liais malgré moi à ce jeune homme que je ne connais pas. Nicolas ferme les yeux, et raconte son événement. Au début tout va bien, je le guide, il revit les choses.  Mais peu a peu, il s’embourbe, se mure dans le silence, j’ai l’impression qu’il s’endort. Puis Nicolas sombre dans une crise de fou rire nerveux. Je panique.

Il y a un problème, mais je ne sais pas quoi faire. Heureusement, Jacques prend le relai. Peu à peu, les choses se rétablissent, Nicolas raconte l’événement tranquillement, joyeusement. Les engrammes sont partis. C’est tout pour aujourd’hui. Je me sens mal à l’aise.

Roger : «  Tout se fait de façon très progressive, sinon cela ne fonctionnerait pas. On lui a apporté la scientologie comme réponse à ses questions, ça fonctionne, il se sent gonflé à bloc. Sauf qu’ensuite, par un système d’étapes très codifié et sans fin, on lui fait lâcher prise sur des détails par l’audition. La personne finit par être ce que d’autres voudraient qu’elle soit. Tout le monde passe par le même parcours exactement ».

JOUR 4 PHASE 5

L’expérience interdite

Deuxième jour de stage. J’ai choisi cette fois un souvenir plus corsé, qui m’a vraiment affecté. C’est le jour où j’ai entendu mes parents se disputer pour de bon et décider de divorcer. J’avais une dizaine d’années. C’est parti, je ferme les yeux, je raconte l’événement. Je le revis, j’ai la nausée, j’ai froid aux pieds. Je revois ma chambre, le couloir, les détails de notre ancienne maison. Au bout du troisième « passage » sur l’événement, je me dis que tout cela va bientôt s’arrêter.

Mais Jacques prend les commandes:
« Y a t il un incident antérieur similaire ? ».
« Euh…non. »
« Ok. Y a t il un incident antérieur similaire ? » répète t-il. La Dianétique explique qu’il existe des chaînes d’engrammes, associées à plusieurs événements, l’objectif étant de retrouver l’engramme le plus ancien « le basique-basique », pour être délivré. Jacques ne va pas me lâcher.
« Y a t il un incident antérieur similaire…. ? » Je craque : « oui, peut-être. »

Je revis une dispute antérieure entre mes parents, puis une autre, puis un accident de voiture. Et toujours Jacques qui revient à la charge. Je n’en peux plus, je ne veux pas, je veux arrêter. Je fonds en larmes. J’ai 5 ans, c’est la rentrée des classes. Je ne veux pas que maman me laisse. La séance dure près de trois heures. Au fur et à mesure, ma voix devient monocorde, puis je ris, presque nerveusement. C’est fini. J’ouvre les yeux. La pièce tourne autour de moi. Je transpire. J’ai craqué.

JOUR 4 PHASE 6

L’étau se resserre

Après le repas, un certain Luc vient me chercher, pour me présenter la prochaine étape, nommée « coaudition ». Hein ? On ne m’avait pourtant parlé de rien d’autre. Pour 190 euros environ, je pourrais venir autant de fois que je veux au centre, avec mon twin (m’auraient-ils déjà trouvé un partenaire en la personne de Nicolas ?), pour que nous nous auditions l’un l’autre, sous la supervision de Jacques. De toute façon, je ne me sens aucune légitimité pour auditer Nicolas en jouant aux apprentis sorciers. « Tu n’aimerais pas devenir Clair (celui qui est débarrassé de ses engrammes) ? » me demande Luc, comme pour m’appâter.

Au goûter, je tombe cette fois sur un parfait inconnu qui se présente comme le directeur adjoint du centre et semble très bien renseigné à mon sujet. « Alors, toujours peur d’auditer ? », me lance t il comme une boutade… « Ce qu’il y a de bien c’est qu’on ne peut jamais causer de dégâts dans une audition. On peut toujours rattraper. » Que lui répondre? Je me sens prise au piège.

La pause s’achève. On est censés reprendre les auditions. Je décline. J’en ai eu assez pour aujourd’hui. « Mais ca ferait tellement plaisir à Nicolas », me lance Jacques, comme un énième argument. Qui fonctionne. En une phrase, je change d’avis et j’accepte d’y retourner. Je n’ai pas envie de passer pour une petite égoïste alors que Jacques aimerait tellement pouvoir auditer à nouveau. Sans compter que dans les films, on nous a bien expliqué que quatre dynamiques fondent notre existence, parmi lesquelles celle du groupe. Or, si on oublie l’une des dynamiques, on ne peut s’améliorer.

Roger : « Très peu de scientologues sont conscients du côté pervers du système. Parce que le piège est invisible et c’est la personne elle-même qui se piège. Par l’audition, elle croit qu’elle se libère, mais plus elle est libérée, plus elle est piégée. Quant aux quatre dynamiques, elles sont là pour amener la personne à se concevoir comme un élément qui doit aider le groupe à s’épanouir. Tout est pensé dans la scientologie pour transformer des personnes en robots, lancés au service d’une opération business, qui profite à quelques uns. »

Une audition plus tard, le stage est enfin terminé. Jacques me tend fièrement un beau diplôme, préparé spécialement pour moi. Tous les deux assurent avoir passé un super moment avec moi. Je les crois. J’ai de l’affection pour eux. Ils en savent davantage sur moi que certains de mes amis. J’ai un sentiment étrange. Je regarde Nicolas et me dis qu’il aimerait bien avoir un binôme. Mais je ne veux pas rester là, ni entamer l’étape suivante  ou faire partie de leur groupe. Je vais partir et ne répondrai plus à leurs appels.

Ai-je failli succomber ?

Plusieurs semaines ont passé. Je n’y suis pas retournée. Pourtant, plus l’expérience s’éloigne, plus le malaise s’installe. Comment ai-je pu à ce point me sentir liée à ces personnes, alors même que j’y allais « armée », pour y effectuer une enquête journalistique ? Encore aujourd’hui, je me sens presque fautive de ne plus répondre à leurs messages téléphoniques et mails répétés. Ils semblent s’inquiéter pour moi. « Y a t il quelque chose qui ne t’a pas plu ? » me demande Jacques.

Avec le recul, et des discussions avec des proches, j’ai réalisé à quel point le système dans lequel je suis entrée est subtil, pensé dans les moindres détails pour faire céder la personne. A l’Eglise de scientologie, on m’a répété inlassablement que chacun était libre. Aucune obligation n’était formellement annoncée. Me croyant libre d’arrêter à tout moment, je me suis laissée faire. J’ai écouté leurs théories, accepté de faire des choses que je ne voulais pas faire, raconté des événements que je m’étais jurée de garder pour moi… J’ai abandonné mon libre-arbitre, sous pression, mais sans qu’on m’y oblige. Et j’ai senti la pression muette du groupe.

Toutes leurs théories censées apporter le bonheur permettent-elles de contrôler la personne sans user d’une coercition visible puisqu’elle est acceptée ? Je n’ai fait que les premiers pas du parcours et ne peut préjuger de la suite. Sauf que les témoignages d’anciens scientologues rappellent qu’à chaque fois, l’expérience finit en cauchemar.

Chloé Andries

*Tous les prénoms ont été modifiés

Pour lire l’avis du spécialiste, Vassilis Sarooglou, directeur du centre de psychologie de la religion à l’UCL, c’est là.

Pour le reste du dossier et d’autres enquêtes sur les dérives sectaires, rendez-vous sur la page SECTES.

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