Biologie totale en procès

Pour la première fois en Belgique, un praticien de la Biologie totale a été condamné par la justice. Louis Vliegen a été condamné pour exercice illégal de la médecine, coups et blessures involontaires le 27 septembre 2011 par le tribunal correctionnel de Liège. Il avait promis la guérison à Maria Schommers, atteinte d’un cancer de l’estomac, en lui prescrivant un suivi psychologique et de la poudre de zinc. Chloé Andries a suivi pour Le Soir tous les actes de cette histoire judiciaire.

Pour consulter l’enquête complète de Chloé sur le sujet, c’est .

-27 septembre 2011 : Jugement

Le thérapeute de la Biologie totale condamné

Le ton de la juge est ferme, son verbe tranchant, sa sentence inflexible : Louis Vliegen a « grugé » des personnes qui se trouvaient « dans un état de faiblesse avérée » et à « concouru à alimenter un processus morbide » qui a débouché sur la mort d’une de ses patientes. Ce mardi, le tribunal correctionnel de Liège a reconnu le psychothérapeute coupable d’exercice illégal de la médecine, de coups et blessures involontaires mais aussi d’escroquerie. L’homme a écopé de 6 mois de prison avec sursis et d’une amende de 5.500 euros.

Un jugement qui arrive presque dix ans après la mort de Mme Schommers, atteinte d’un cancer incurable de l’estomac, qui s’était écartée de la médecine après s’être vue promettre par Louis Vliegen jusqu’à 80% de chances de guérison… en suivant les préceptes de la Biologie totale, pseudo-science estimant que toute maladie trouve son origine dans un conflit psychologique.

Avec ce procès, c’est tout un courant en vogue en Europe qui est condamné pour ses dérives. En Belgique, une centaine de conférenciers et thérapeutes appartiennent à la mouvance de la Biologie totale, créée par le Français Claude Sabbah. Et même si tous n’appliquent pas cette théorie à la lettre, le cas Vliegen prouve que le risque de dérapage est réel.

Pour la juge Isabelle Cabus, « le praticien a dépassé largement son rôle de soutien moral et psychologique en proposant une thérapie présentée comme pouvant amener à la guérison ». Ce mardi matin, le rappel des témoignages d’anciens patients ne souffre aucun doute : l’ancien héraut de la Biologie totale en Belgique, sans aucun diplôme de médecine, a posé des diagnostics de façon répétée pendant une dizaine d’années sur des patients qui avaient en lui toute confiance.

Aucune empathie

Et lorsqu’il s’agit du cas de Mme Schommers, la faute se mue en tragédie. Quand elle « vomissait du sang ou voyait son ventre gonfler », Louis Vliegen y voyait un signe de guérison. Il diagnostiquait. « Face à la dégradation visible de son état, le prévenu n’a jamais évoqué le recours aux soins palliatifs », poursuit la juge.

De marbre, comme statufié, Louis Vliegen écoute. Disparu l’homme sûr de lui, qui expliquait il y a quelques mois au même tribunal comment il avait su retenir le meilleur des théories de Claude Sabbah et mettait en doute la façon dont la famille Schommers avait pu recevoir ses propos. Face à un prévenu qui « n’a pas manifesté de regret ou d’empathie », le tribunal invite le thérapeute à « réfléchir à la gravité de ses actes ».

Du côté des victimes, l’émotion est palpable. Raymond Caucheteux, dont la fille diabétique a été suivie par Louis Vliegen, lutte depuis bientôt vingt ans sur ce terrain. « Notre première plainte pour escroquerie remonte à 1993, mais elle avait été classée sans suite. Dans ce procès, enfin, justice a été faite. Mon plus grand espoir, c’est que ce jugement soit renvoyé vers les politiques et fasse jurisprudence ». Louis Vliegen n’a pas souhaité s’exprimer. Il a 15 jours pour faire appel de cette décision.

– 29 juin 2011

La défense demande l’acquittement

C’est la dernière bataille du procès Vliegen qui s’est livrée mercredi devant le tribunal correctionnel de Liège. Ce psychothérapeute doit répondre d’exercice illégal de la médecine, d’escroquerie et d’homicide involontaire (que le Parquet suivi par les parties civiles souhaite voir requalifier en coups et blessures). Louis Vliegen aurait poussé une de ses patientes atteinte d’un cancer de l’estomac à s’écarter de la médecine, en suivant les théories pseudo-scientifiques de la Biologie totale. Les conseils du prévenu, Me Gilissen et Castiaux, ont demandé un acquittement de Louis Vliegen, estimant entre autres que « les preuves d’exercice illégal de la médecine ne pouvaient être établies ». « Ce que l’on reproche à Monsieur Vliegen c’est sa voix, ce qu’il a dit. Cela est-il de l’exercice illégal de la médecine ? Non », a ainsi avancé la défense.

Pseudo-science

Un avis évidemment non partagé par les parties civiles. Me Zians et Rivière ont de nouveau insisté sur le fait que « lorsque Louis Vliegen a promis 80 % de chances de guérison à sa patiente et quand il relie le cancer à une origine psychologique, il pose évidemment un diagnostic ». Lorsqu’il suivait Mme Schommers, finalement décédée en 2002 de son cancer de l’estomac, Louis Vliegen prônait les méthodes du Dr Sabbah, fondateur de la Biologie totale, qui estime que toute maladie résulte d’un conflit psychologique. Le jugement de ce procès, attendu en septembre, est donc chargé d’enjeux, alors que fleurissent de nombreuses thérapies pseudo-scientifiques difficiles à contrôler et qui peuvent parfois virer au cauchemar.


– 7 juin 2011 : La défense de Louis Vliegen

« Louis Vliegen n’est pas un salaud »

Est-il possible de prouver que le psychothérapeute Louis Vliegen a poussé sa patiente, atteinte d’un cancer de l’estomac, à arrêter ses traitements en lui promettant une guérison sans recours à la médecine ? L’affaire est épineuse. Ce mardi matin, les avocats du prévenu ont tenté de décrédibiliser les témoignages de la famille de la victime et ont insisté sur le professionnalisme de leur client, qui comparait pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire, après la mort de sa patiente en 2002.
Lorsque Mme Schommers a consulté Louis Vliegen, elle venait de recevoir le diagnostic de l’oncologue : cancer quasi incurable. « C’était une situation dramatique. On peut se demander alors ce qui a été dit, compris et reçu par les Schommers », insiste Me Gilissen, qui parle de « tentative de reconstitution de la réalité », de la part de la famille de la victime. Selon les Schommers, Louis Vliegen aurait promis 80% de chances de guérison grâce aux méthodes du Dr Hamer (fondateur de la Nouvelle médecine germanique, à l’origine de la Biologie totale, affirmant que toute maladie se résout par la résolution de conflits psychologiques). Des propos que Louis Vliegen avait reconnu avoir tenu en audition, avant de « ne plus s’en souvenir », devant le tribunal.

Vindicte populaire

« C’est le choix de Mme Schommers d’avoir refusé tout traitement, cela apparaît d’ailleurs dans les notes prises par Louis Vliegen lui-même, qui s’en inquiète », lance la défense.
Pour Me Gilissen, « Monsieur Vliegen n’est pas un salaud », mais plutôt un homme qui a été cloué au pilori médiatique, « pendu haut et court, exposé à la vindicte populaire ». Et la défense d’insister sur les qualités professionnelles de son client, devenu assistant social par « intérêt pour les autres », formé en psychothérapie pendant 5 années en Allemagne, bien intégré et apprécié dans le milieu médical. Louis Vliegen aurait d’ailleurs, selon ses avocats, « pris le meilleur » des théories de la Biologie totale et de la Nouvelle médecine germanique, tout en se distanciant peu à peu des fondateurs du mouvement.
Ce mardi, la défense du prévenu se mue en expert ès psychothérapie, multipliant les exposés pédagogiques destinés à prouver le sérieux des formations suivies par Louis Vliegen.
Pour l’instant, aucune loi n’encadre la profession de psychothérapeute en Belgique, contrairement à la plupart des pays européens. Et s’il n’est pas question pour le tribunal de juger la psychothérapie en tant que telle, ce procès met en lumière le flou qui entoure cette nébuleuse. «Oui, il y a des charlatans dans ce milieu », lance la défense. Reste à savoir si Louis Vliegen en fait partie.

 

– 15 février 2011 : Le ministère public réclame la culpabilité

Pseudo-médecin, vraie tragédie

Quand il a reçu madame Schommers, en 2002, dans son bureau de psychothérapeute, Louis Vliegen lui avait promis 80 % de chances de guérison. Pourtant, quelques jours plus tôt, le diagnostic d’un oncologue était tombé comme un couperet : cancer de l’estomac, sans chance de guérison. « Mais qui est donc cet homme, ce génie méconnu, pour promettre des choses pareilles ? », lance cyniquement à la barre, l’avocat de la famille Schommers, Me Jean-Philippe Rivière. Parmi la ribambelle de diplômes en psychologie et psychothérapies qu’arbore le prévenu, pas une trace d’un quelconque titre de médecin.

Ce mardi, au tribunal de Liège, les avocats des parties civiles, suivis par le procureur du Roi, ont demandé la condamnation de Louis Vliegen pour exercice illégal de la médecine et coups et blessures involontaires à l’encontre de Mme Schommers, décédée quelques mois après être passée entre ses mains.

Pour Me Rivière, tous les faits sont là, corroborés par les témoignages de la famille de la victime mais aussi par les auditions de Louis Vliegen lui-même : « Lorsqu’il dit que le cancer se rapporte à des conflits internes, à un problème avec son grand-père, c’est un diagnostic. Lorsqu’il indique qu’il suffit de les résoudre pour vaincre la maladie, c’est une proposition de traitement », dit-il.

En 2002, Louis Vliegen avait rendu visite plusieurs fois à sa patiente. Lorsqu’elle vomissait du sang et que son visage devenait bouffi, il a reconnu lui avoir indiqué que ces phénomènes pouvaient venir d’un processus de guérison et d’élimination de la tumeur. « Le gonflement de son ventre était à comparer à une grossesse. Quant au manque de souffle, il le mettait en rapport avec sa peur, s’insurge Me Rivière. Même si l’on s’en tient aux strictes déclarations du prévenu, à toutes les pages du dossier, nous avons un diagnostic, un traitement, des pratiques relevant de l’art de guérir. »

Ces actes de pseudo-médecin, Louis Vliegen les a appliqués après avoir été formé en « biologie totale », un courant véhiculé par un médecin français Claude Sabbah et inspiré par les travaux du Dr Hamer, médecin allemand condamné pour exercice illégal de la médecine. Leur postulat : toute maladie résulte d’un conflit psychologique.

Six mois requis

Louis Vliegen, qui assure aujourd’hui s’être distancié de ces travaux, a été le porte-parole en Belgique de Claude Sabbah. Pour le substitut du procureur du Roi, Jean-Marc Mottet, « les deux tiers de la clientèle de Louis Vliegen souffraient de pathologies graves comme la sclérose en plaques ou le cancer ». Pour lui, la mise en danger que représentent les actes posés par le prévenu au niveau de la santé publique exige qu’il écope d’une peine dissuasive de 6 mois de prison avec sursis. D’autant que Vliegen comparaît aussi pour homicide involontaire. Une prévention que le procureur et les parties civiles veulent voir requalifiée en coups et blessures, puisque la victime souffrait déjà d’un cancer déclaré sans chance de guérison avant de consulter Louis Vliegen. Le substitut du procureur rappelle que cela n’ôte pas la responsabilité du prévenu dans le décès de Mme Schommers. « Le médecin qui l’a auscultée juste avant son décès indique qu’il n’avait jamais vu quelqu’un en si piteux état dans toute sa carrière. »

 

– 15 juin 2010 : Le mari de la victime raconte

« Il disait : le cancer c’est dans la tête »

Ce mardi matin, à la barre, c’est Joseph, le mari de la victime, qui vient témoigner. Ce petit homme rondelet, le visage mangé par des lunettes trahissant ses 77 printemps, accompagnait son épouse à chaque consultation chez Louis Vliegen. « La première fois que nous sommes allés chez lui, c’était pour guérir le cancer. (…) Au bout d’une heure de discussion, nous étions convaincus qu’elle allait guérir ». Pourquoi diable choisir un psy pour réchapper d’un cancer ? Parce que leur fils, qui avait guéri d’un satané crabe quelques années plus tôt tout en arrêtant sa chimio, leur aurait expliqué qu’il s’était rendu chez Vliegen, quand il était malade.

Avant d’aller consulter le thérapeute, les Schommers avaient pris un rendez-vous à l’hôpital. Où ils n’iront jamais. « Il nous a dit que nous pouvions aller consulter mais que selon lui, ce n’était pas nécessaire. Il nous a garanti 80% de chances de guérison ». Par quel miracle Louis Vliegen, pyschothérapeute de son état, aurait donc pu venir à bout d’un cancer déclaré gravissime, sans aide de la médecine ? « On a évoqué les théories de Hamer (fondateur de la nouvelle médecine germanique, à l’origine de la Biologie totale, pseudoscience affirmant que toute maladie se résout par la résolution de conflits psychologiques, NDLR). On avait entendu cela mais nous n’y connaissions trop rien. Lui nous a dit, pour expliquer cette théorie, que nous autres nous n’avions plus besoin de médecin ».

Silence

Confiant, le couple aperçoit une lueur d’espoir. A la deuxième séance, ils apportent même les radiographies de Mme Schommers. « M Vliegen a regardé les radios et nous a dit que ce n’était pas grave », affirme Joseph. Chaque semaine, le couple retourne donc voir son sauveur présumé. Et cela, alors que l’état de la patiente se dégrade. « Il nous disait que le cancer c’était quelque chose qu’on a dans la tête ». Long silence dans la salle. Le petit homme s’en repart.

Du côté de la défense, ça rue dans les brancards. Les avocats accusent illico le témoin de s’être contredit par rapport à sa première déclaration. La juge refuse toute interrogation de la défense, la renvoyant aux plaidoiries. La présidente avait déjà refusé de pareilles questions de l’autre camp, alors que la partie civile avait accusé Louis Vliegen à plusieurs reprises d’avoir contredit ses anciennes déclarations. Peu de temps auparavant, dans la même salle, le thérapeute apportait sa version des faits. Sur les 80% de chances de guérir qu’il aurait prédit à Mme Schommers, propos qu’il a confirmé dans sa première déclaration, l’homme répond cette fois : « Je ne m’en souviens pas, mais c’est possible ». A chaque question, tentant de savoir si oui ou non il a fait croire à la victime une possible guérison par son aide, l’homme affirme qu’il a « relativisé, en disant que son fils et elle, ce n’était pas la même chose ». Réponse de la présidente : « Vous jouez sur les mots, Monsieur Vliegen ! »

 

– 8 juin 2010 : Louis Vliegen à la barre

L’homme qui guérissait les âmes

C’est une silhouette pas plus épaisse qu’une brindille qui s’avance à la barre. Perdu dans une veste claire, dos vaguement voûté, mine grise et crâne dégarni, Louis Vliegen n’a rien d’un guérisseur au verbe acéré et à l’allure de gourou. Cet homme passe-partout, aux airs de prof à la retraite, peut-il vraiment être « le » Louis Vliegen, celui que les témoins du dossier dépeignent comme charismatique, manipulateur, au point d’avoir poussé en 2002 Mme Schommers, alors atteinte d’un cancer de l’estomac, à arrêter ses traitements ?

Peut-il avoir été le relais de la Biologie totale en Belgique, ce courant pseudo-scientifique à la mode qui prétend guérir toute maladie par la résolution de conflits psychologiques ? C’est en tout cas à ce petit homme sans apparat que le tribunal de Liège demande de répondre, ce mardi, d’exercice illégal de la médecine, homicide involontaire et escroquerie. « Non, je ne reconnais aucune de ces préventions », entame-t-il faiblement. C’est un interrogatoire fouillé de plus de trois heures qui commence. Point par point, détail après détail, la mine grise joue la carte du psychothérapeute à la déontologie sans faille, au parcours sans faute, bien intégré dans le corps médical, victime de mauvaises interprétations en cascade de la part de ses « clients ».

« Je ne suis pas un guérisseur, sourit-il. Je ne travaille que sur l’âme, la relation, je ne peux donner aucun traitement. Je travaille sur le sens du symptôme et pas sur le symptôme. » Intéressant : trouver le sens psychologique d’une maladie, n’est-ce pas justement ce qui permettrait de guérir n’importe quel cancer selon la Biologie totale ?

Lorsqu’une ancienne patiente de Vliegen atteinte de diabète affirme que ce dernier lui a conseillé d’arrêter son traitement, « ment-elle ? », demande la présidente. « Elle met les choses sur un autre plan (…). C’est elle qui souhaitait arrêter le traitement comme résultat de ma thérapie », répond le prévenu.

« Le positif et le négatif »

Louis Vliegen martèle qu’il n’adhère pas totalement à la Biologie totale. « Le Dr Hamer, par exemple, est contre tout traitement. En cela, il est dangereux », explique-t-il. Lui, à l’inverse, aurait réussi à garder le meilleur de cette théorie, tout en évitant les dérives. Quand on lui pose des questions sur ce courant, il prend une soudaine assurance, rit à certaines questions, demande à la juge si elle fait bien la différence entre le côté théorique et pratique de son propos.

« La Biologie totale, je connais bien, ça oui. Et je connais le positif et le négatif aussi », martèle une énième fois le prévenu. Sauf que pour certains éléments du dossier, comme une conférence de 1997 dans laquelle il avait clairement indiqué qu’il était possible de guérir du cancer par la Biologie totale moyennant quelques conditions, le ministère public signale : « On était bien loin de la prudence qui est la vôtre aujourd’hui. »

L’homme reconnaît le côté « provocateur » du titre, qu’il a modifié par la suite. Quant à une autre bizarrerie du dossier, un certificat manuscrit que Louis Vliegen avait demandé expressément à l’un de ses patients, et dans lequel l’homme affirme arrêter sa radiothérapie sur sa propre initiative : « A cette époque, je faisais l’objet d’attaques insinuant que je faisais arrêter des traitements médicaux. » Alors, bouc émissaire ou guérisseur de pacotille ? L’audience reprend dans une semaine.

 

Chloé Andries

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