Vivre léger

Posted on 23 janvier 2014 par

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Il existe de nombreuses alternatives à la maison de briques. Des initiatives les mettant en valeur se multiplient en Belgique, mais aussi un peu partout en Europe. La loi a cependant du mal à leur trouver une place. Un article de Géraldine Vessière, Le Soir, 23 janvier 2014.

La vie dans une péniche

La vie dans une péniche

Une yourte, habitation traditionnelle mongole, une caravane, une ancienne roulotte foraine ou encore une péniche peuvent être des logements confortables pour des prix bien inférieurs au coût d’une maison classique. 2000, 5000, 10.000 ou 20.000 euros pour être propriétaire de son logement, cela en fait rêver plus d’un. Plusieurs ne se contentent d’ailleurs pas de rêver et s’installent dans des campings, placent leur roulotte dans le jardin d’un copain ou, comme à Louvain-La-Neuve ou dans la ferme de Vévy-Weron, dans le Namurois, occupent en collectivité un terrain, soit public soit privé.

« Pour certains de ces habitants, les raisons sont principalement économiques, pour d’autres, elles sont aussi voire surtout idéologiques : la volonté de vivre autrement, d’être plus en contact avec la nature, d’avoir un mode de vie plus minimaliste… » explique Julie Chantry, chargée de mission au sein de l’ASBL Habitat et Participation. Et de poursuivre : « nous n’avons pas de chiffres sur les habitations légères en Belgique, mais vu le nombre de demandes que nous recevons à l’association, je pense qu’il y en a de plus en plus. Et ce ne sont pas que des jeunes. Des personnes d’un certain âge viennent parfois nous voir parce qu’elles souhaitent emménager dans un habitat plus simple et plus léger. Elles ont peu de besoins, peu de moyens, et estiment qu’un chalet léger leur conviendrait parfaitement. »

Flou juridique

Le problème est que ce type d’habitats se trouve dans une zone de non-droit. Ils ne sont pas reconnus comme habitation par le code wallon du logement. Ils ne sont ni légaux, ni illégaux. Résultat : les candidats risquent d’être confrontés à un casse-tête avec les services urbanisme des communes et à la difficulté, voire à l’impossibilité, de se domicilier dans leur logement. « Beaucoup de personnes qui optent pour ces solutions ont en outre tendance à les installer dans des zones agricoles ou forestières, continue Julie Chantry. Or, celles-ci ne peuvent être affectées à l’habitation. » Résultat: 99% des personnes vivant en habitats légers se font discrètes, trouvent un autre domicile légal et croisent les doigts pour que les communes ferment les yeux.

Habitants des campings

La question des habitants permanents de camping est aussi au centre des débats depuis des années. Dans le cadre du plan HP, Habitat permanent, démarré en 2003, la Région wallonne a recensé 12.000 personnes vivant en caravane ou en chalet dans des campings destinés en principe à une occupation temporaire. L’objectif de ce plan est d’inciter les occupants des campings à partir volontairement. L’initiative n’a cependant pas recueilli beaucoup de succès jusqu’à présent. «En 10 ans, seuls 2% de cette population a été relogée, ce qui prouve que ce programme est inefficace et précarise encore plus un public qui est souvent déjà fragilisé, estime Géraldine Vanderveken, chargée de mission au sein de l’ASBL Habitat et Participation. Les habitants des campings se sont installés dans ces lieux par nécessité, parfois par choix de vie. Ils ont trouvé seuls une solution à leur problème de logement et les communes ont pendant longtemps fermé les yeux. Ils ne veulent pas partir. En tout cas, pas aux conditions offertes par la région. Sans compter que certains ont aménagé leur maison ou chalet. Certaines de ces habitations peuvent parfois aujourd’hui valoir jusqu’à 400.000 euros. » Le débat sur le sujet est toujours en cours et la Région Wallonne travaille sur un nouveau plan HP. Parmi les pistes de solutions évoquées, on retrouve un changement d’affectation du sol, de zone de loisir à zone de logement, ou une aide à l’aménagement de ces habitations pour qu’elles soient moins précaires.

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Posted in: Economie, Société