La coloc, pas que pour les étudiants

Posted on 23 janvier 2014 par

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Vivre avec des amis ou des inconnus et partager au minimum cuisine et sanitaires n’est pas réservé qu’aux étudiants. D’autres catégories de la population se mettent à la colocation. Un article de Géraldine Vessière, Le Soir, 23 janvier 2014.

La vaisselle sale qui déborde de l’évier après une bonne nuit de guindailles. L’occupant de la chambre voisine un peu trop bruyant. Les bons repas entre colocataires, les services échangés, les dépannages de dernière minute ou la compagnie de personnes agréables. La colocation, et ses aspects positifs et moins positifs, n’est plus l’apanage des étudiants. Elle commence à se répandre parmi d’autres catégories de la population : des personnes dans la vie active, voire des retraités.

« Non seulement il est de plus en plus difficile d’accéder à un logement de qualité à un prix abordable, mais on est aujourd’hui confronté pour la première fois à une crise d’espace. L’augmentation démographique crée un déséquilibre entre l’offre et la demande et la seule solution est parfois de diviser une maison unifamiliale en un logement pour 6 ou 7 personnes, » explique Daniel Mignolet, chargé de mission à l’ASBL Habitat et Participation.

Pour certains, c’est aussi un choix de vie. Virginie par exemple a vécu en colocation pendant ses études. Elle a ensuite testé la vie seule, puis à deux, en appartement. Aujourd’hui, elle envisage de retourner vers une vie plus communautaire. « J’aime beaucoup la colocation. Lorsqu’on vit seul, ou en couple, on s’étouffe très vite. On a moins tendance à avoir des activités, à sortir, à rencontrer du monde. On rentre du travail et on ne fait plus rien parce qu’on est fatigué. Lorsqu’on est en coloc, on voit des gens, on a des échanges intéressants. Financièrement aussi c’est plus facile. A l’époque où je louais une chambre dans une maison communautaire, j’économisais bien 200 à 300 euros par mois et j’étais dans une superbe maison, à l’orée de la forêt, avec un jardin, un salon, un feu ouvert… Administrativement, vivre seul est également assez lourd. C’est plein de chaines en fait. »

Selon Daniel Mignolet, contrairement à d’autres villes comme Londres, en Belgique la colocation demeure une solution de transition, limitée dans le temps. Elle s’accompagne aussi de quelques freins. Nombreux sont les locataires et les propriétaires qui cachent le fait qu’ils colouent. Les seconds risquent d’être en infraction avec le code du logement – il n’est pas toujours possible de transformer une habitation unifamiliale en un logement pour 6 ou 7 personnes-, les premiers, s’ils sont allocataires sociaux, pourraient perdre une partie de leurs allocations parce qu’ils passeraient du statut d’isolé à cohabitant. Mais, comme le rappelle Ilham Bensaid du RBDH, « même si ces personnes partagent le loyer, elles ne partagent pas d’autres frais, par exemple les dépenses alimentaires. »

 

 

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