Allo, la banque ?

Posted on 17 août 2013 par

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Les technologies de paiement se développent sans cesse. Et le téléphone portable est probablement appelé à jouer un rôle prépondérant dans ce domaine. S’il ne fait que démarrer en Europe, en Afrique, le processus est en cours depuis longtemps. Un article de Géraldine Vessière, Le Soir, 17 août 2013

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??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????Cela bouge en Europe et en Belgique du côté du paiement par téléphone portable. Sociétés Internet, institutions financières, opérateurs de téléphonie mobile essayent de se positionner sur le marché. Pay2Me lancé il y a déjà quelques années par Atos Worldline était une première tentative. L’application permettait notamment de payer par téléphone une consultation chez le médecin ou une course de taxi, mais elle n’a jusqu’à présent rencontré qu’un intérêt limité. Malgré ce faible engouement, les banques et d’autres acteurs du secteur ont aussi commencé à s’intéresser à ce marché, qui, en Belgique, représente 1,5 million de transactions.

En 2012 et 2013, Keytrade, BNP Paribas ou encore Bancontact/Mistercash ont présenté de nouveaux projets en ce sens. Ils sont soit en phase test soit déjà opérationnels. Au niveau mondial, Mastercard est en train de déployer Masterpass et Visa promeut son portefeuille digital V.me, alors que Google, avec Google Wallet, et eBay, avec PayPal, développent leur propre système. L’idée est en général de faciliter les paiements de petits montants, par exemple pour rémunérer la baby-sitter ou le livreur de pizza. Trois formules sont le plus souvent envisagées: les paiements à distance, les paiements de proximité devant une borne, ou bien les transferts d’argent de portable à portable. Certains systèmes permettent aussi aux commerçants d’encaisser des paiements par cartes bancaires à partir d’un smartphone

La bataille ne fait cependant que commencer. Selon le cabinet Gartner, les paiements mobiles en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest devraient représenter respectivement $37 milliards et $29 milliards en 2013. Et tous veulent une part du gâteau. Ces chiffres ne constituent cependant que 15 et 12% du marché mondial.

Les derniers sont les premiers

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????L’Occident est de fait de loin dépassé par d’autres continents, l’Afrique en tête.

Safaricom, dont Vodafone est actionnaire, est le premier à avoir fait le pas, en lançant le service de banque mobile M-Pesa en février 2007 au Kenya. Il enregistrait déjà 10 millions de clients au 30 juin 2010 et plus de 14,5 millions en mars 2012. Depuis, le service plusieurs fois primé s’est internationalisé. Il est aujourd’hui présent notamment en Tanzanie, en Afghanistan, en Afrique du Sud, ou encore en Inde. Les concurrents lui ont rapidement emboité le pas. Orange Money, créé en 2008, s’est déployé dans 13 pays d’Afrique et du Moyen-Orient et compte 7 millions de clients et le groupe Société Générale a lancé Yoban’tel début 2011 au Sénégal.

Selon les cas, et la réglementation en vigueur, les opérateurs télécoms jouent le rôle d’intermédiaire, de banque, ou concluent des partenariats avec les banques locales. Quant aux services offerts, ils vont du porte-monnaie électronique au retrait et dépôt d’argent sur un compte, du payement d’achats ou de factures au remboursement des échéances d’un prêt en microcrédit. Dans certains cas, ils permettent même d’envoyer de l’argent à quelqu’un resté dans un autre pays, un produit particulièrement intéressant car il permet de contourner les sociétés de transfert international d’argent, comme Western Union, qui reviennent souvent cher.

La manière d’opérer ces transactions varie d’un opérateur à l’autre. De manière générale, les numéros de téléphone sont associés à un compte en banque. Si un client souhaite déposer ou retirer de l’argent sur son compte, il lui suffit de se rendre dans une des boutiques partenaires, qui peut être l’épicerie ou la station d’essence du coin, de donner au vendeur le cash qu’il veut placer sur son compte ou de lui demander l’argent qu’il voudrait en retirer. Le vendeur avec son propre téléphone effectue l’opération, chacun ayant des codes secrets pour sécuriser le tout. Et pour envoyer de l’argent à l’autre bout du pays, il suffit d’envoyer un SMS, et évidemment de disposer des codes ad hoc.

Levier d’inclusion financière

Désormais, grâce au portable, de plus en plus d’Africains non bancarisés peuvent accéder à des services autrefois coûteux en argent et en temps. L’argent peut aussi être acheminé rapidement, même vers les régions les plus reculées dépourvues d’infrastructures adéquates. Les banques quant à elles peuvent accéder aux marchés ruraux sans avoir à ouvrir de nouvelles agences.

Les services de paiements par téléphone portable sont venus combler un vide en Afrique et en Asie. La majorité de la population africaine n’a pas de compte en banque. La société de recherche Pyramid estimait qu’en 2012, 24% de la population avait un compte en banque et 75% un téléphone portable. Selon l’agence Agefi, « Il y aurait actuellement dans le monde 4,5 milliards de personnes non bancarisées, et parmi elles, 2 milliards posséderaient un téléphone portable. »

En Europe par contre, les outils bancaires foisonnent et les habitudes des consommateurs sont bien ancrées. Cette réalité constitue probablement un frein à l’acceptation des services de paiements par téléphone portable par les populations locales

Chercheur d’or
Naissance du billet
de banque

 

 

 

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La Rome antique Chercheur d’or La banque
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Du 15e au 18e siècle Expressions d’argent Le billet de banque
Du 19e au 21e siècle Fiduciaire ou scriptural, qu’est-ce
que cela veut dire?
Le téléphone portable

 

 

 

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Posted in: Economie