La banque, une vieille institution qui a pris de multiples visages

Posted on 13 août 2013 par

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Déposer son argent, faire un transfert, emprunter, … toutes ces démarches nous semblent aller de soi aujourd’hui. Il a cependant fallu des millénaires pour en arriver là. Un article de Géraldine Vessière, Le Soir, 13 août 2013.

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Le changeur de Rembrandt -

Le changeur de Rembrandt –

Les premières traces d’activités bancaires remontent à 3000 ans avant J.-C. C’était en Mésopotamie. La fonction était assurée par des prêtres et se limitait aux prêts et aux dépôts d’argent.

Sous la période grecque, l’avènement d’une monnaie métallique, et surtout la multiplication de pièces différentes -il y avait parfois plusieurs centaines d’émetteurs- crée le besoin d’un système plus organisé. Les trapezitai, qui exercent une activité de change, d’acceptation de dépôt et d’octroi de prêts, font ainsi leur apparition au 6e siècle avant J.-C. Leur nom vient de la table, trapeza, sur laquelle ils exerçaient leurs activités de change et qui aujourd’hui signifie « banque » en grec.

Un phénomène équivalent se produit à Rome à la fin du 4e siècle avant J.-C. Si, dans un premier temps, les banquiers romains adoptent les techniques grecques, ils vont rapidement développer des produits plus complexes. Les guerres civiles qui ravagent le 1er siècle avant J.-C. vont aussi leur donner un pouvoir d’influence croissant. A l’époque, corruptions et guerres sont la règle. Généraux et politiciens ont besoin de fonds pour acheter les sénateurs ou lever une armée. César par exemple était redevable de 25 millions de denarii en 61 avant J.-C, un montant qu’il a récupéré plusieurs fois lors de sa conquête de la Gaule dans les années 50. Les banques y voient un moyen d’accroitre leur puissance. Elles ne sont cependant pas les seules à prêter. Les aristocrates, propriétaires fonciers et commerçants accordent souvent des crédits beaucoup plus importants que les banquiers professionnels.

Retour à la case départ

Tout change en Occident avec la chute de l’Empire romain. La régression monétaire au Moyen-Age et l’interdit du prêt à intérêt réduisent les activités bancaires. Il faudra attendre les 9e-10e siècles, et la relance de l’économie, pour qu’elles reprennent. Le change s’impose rapidement. Il devient vite indispensable, vu la grande diversité des systèmes monétaires de l’époque. Le prêt, interdit par l’Eglise et par le roi, pose par contre problème. Dans un premier temps, seuls les Syriens et les Juifs peuvent accorder des crédits (cf.article sur le Prêt à intérêt). Rapidement, d’autres catégories de la population vont cependant s’investir dans le monde de la finance. Parmi eux, les templiers, les Cahorsins, de Cahors en France, ou encore les Lombards qui regroupent tous les banquiers italiens, qu’ils viennent ou non de Lombardie. Ces derniers apportent deux innovations importantes qui vont permettre des transferts de fonds internationaux en évitant des déplacements physiques de monnaie : le compte à vue et la lettre de crédit*.

Petit à petit, la banque s’institutionnalise. De grandes familles notamment de Venise, Gênes et Florence, ouvrent leurs établissements. Elles ont comme clients les Rois et des membres du clergé cherchant à financer leurs guerres et croisades. Les Médicis sont les financiers de l’Eglise de Rome, les Fugger jouent un rôle important auprès de Charles Quint, la banque d’Amsterdam suit de près la fortune politique des Oranges. Les rois ne sont toutefois pas les plus prompts à régler leurs dettes et plusieurs de ces familles feront banqueroute suite aux défaillances de leurs riches clients.

Professionnalisation et institutionnalisation

Banque Nationale de Belgique

Banque Nationale de Belgique

Les innovations métamorphosant le visage de la banque vont se poursuivre : apparition des premières banques centrales et de la monnaie papier au 17e, réglementations bancaires, suite à de grandes faillites et aux déboires des premiers billets des banques, au 18e, fondation de dynasties familiales comme les Rothschild ou les Lazard au 18e également, apparition de grands établissements bancaires comme le Crédit lyonnais, Paribas ou la Société Générale au 19e siècle, multiplication et complexification des produits bancaires ou encore développements technologiques réduisant la durée des transactions aux 20e et 21e siècles.

Plusieurs crises ont aussi traversé l’histoire des banques. Le 20e siècle en a connu quelques-unes, dont celle de 1929 et la crise actuelle. Celles-ci influenceront les pratiques bancaires, mais surtout la réglementation et le contrôle des banques qui, au cours des siècles, a toujours oscillé entre réglementation et déréglementation

 

Histoire du prêt
à intérêt
La monnaie,
à quoi ça sert?

 

 

 

*La lettre de crédit (ou accréditif) est un engagement de paiement généralement irrévocable souscrit par le banquier d’un acheteur de marchandises ou autres prestations commerciales de payer le vendeur si celui-ci lui présente pendant la période de validité de cet engagement les documents conformes à ceux spécifiés dans le crédit documentaire et qui sont censés attester de la bonne exécution par le vendeur de ses obligations. (source: wikipedia)

 

La Lydie et la Grèce antique Sparte: non à l’esprit mercantile A quoi sert l’argent?
La Rome antique Chercheur d’or La banque
Le Moyen-Age Un Plat Pays étincelant Le prêt à intérêt
Du 15e au 18e siècle Expressions d’argent Le billet de banque
Du 19e au 21e siècle Fiduciaire ou scriptural, qu’est-ce
que cela veut dire?
Le téléphone portable

 

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Posted in: Economie