L’important est de gagner…

Posted on 9 août 2012 par

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La bataille des pays les plus médaillés fait rage. La Chine et les Etats-Unis sont au coude à coude, suivis par la Grande-Bretagne qui exulte. Il faut dire que l’Île vient de loin.  Un article de Géraldine Vessière publié dans L’Echo

En 1996, lors des Jeux d’Atlanta, la Grande-Bretagne occupait une peu brillante 36e place, avec 15 médailles, dont seulement une d’or. Depuis, elle a redressé la barre, terminant 4e aux JO de Pékin en 2008.
Cette progression est le résultat d’un changement de politique. Jusqu’alors focalisée sur le sport amateur, la Grande-Bretagne commence à partir du milieu des années 90 à investir dans le sport de haut niveau. En 1997, le gouvernement crée UK Sport, chargé de répartir les fonds publics consacrés à ce secteur, et étend les compétences de la Loterie nationale pour lui permettre de dédier une partie de ses moyens au sport professionnel.

« Sans compromis »
Aujourd’hui, le gouvernement consacre 264 millions de livres à ses athlètes par cycle de 4 ans. Montant auquel il faut ajouter environ 80 millions de livres venant des autorités écossaises, galloises et nord-irlandaises. Depuis la désignation de Londres comme ville hôte pour les Jeux de cet été, en 2005, 600 millions de livres auraient ainsi été consacrés à la crème des sportifs britanniques.
Depuis 2001, UK Sport a opté pour une politique « sans compromis », n’investissant que dans les sportifs ayant une réelle chance de gagner des médailles.
Certains d’entre eux – notamment ceux qui n’ont aucune autre source de revenus en ce compris ceux de sponsors ou de la publicité comme les rameurs – peuvent recevoir jusqu’à près de 100.000 livres par an: 28.000 pour couvrir leurs dépenses de la vie courante et 70.000 pour payer les frais liés à leur activité tels ceux de kiné ou de coach. Objectif: permettre aux athlètes de se consacrer pleinement à leur entraînement. « 1400 sportifs olympiques et paralympiques ont bénéficié d’une aide de la Loterie ces 4 dernières années, synthétise Simon Shibli, professeur en management du sport à l’Université de Sheffield. 200 ou 300 ont reçu les montants maximaux. 400 sont en lice pour une médaille lors de ces JO et 1.000 sont des espoirs futurs qui devraient atteindre le podium d’ici 8 ans. »
L’institution investit aussi beaucoup dans le coaching, la recherche et développement et l’identification de talents. Le programme « Sporting Giants » lancé en 2007 a par exemple permis de trouver une des médaillées d’or en aviron: Helen Glover.

Et après?
Pour maintenir son niveau d’investissement dans les prochaines années, UK Sport planchera dès la fin des Jeux avec les différentes fédérations sportives sur les disciplines et les athlètes à soutenir dans le futur. Et ceux qui ont moins de chance de succès, voire qui ont remporté moins de médailles, risquent d’être relégués au second plan.
En attendant, Simon Shibli et certains de ses collègues estiment que la délégation britannique, exaltée par le fait de jouer sur le sol national, devrait remporter 56 médailles cette année, dont 27 d’or, pour atteindre la 3e place dans les Jeux olympiques. Elle devrait aussi trôner en deuxième place pour les jeux paralympiques. Résultats sous peu.

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Posted in: International, Sport