Les tops et les flops des JO: premier bilan

Posted on 8 août 2012 par

0


S’il est un peu tôt pour tirer un bilan définitif des JO, les premiers résultats interpellent.
Les commerçants : Jean qui pleure et Jean qui rit
Après un premier week-end avec des ventes en chute libre, on parlait de baisse de 11 à 15%, les affaires semblent reprendre dans le West end (Oxford Circus, Picadilly Circus, Leicester Square). Ce renversement de tendance est le résultat de campagnes de communication réalisées dans l’urgence par les commerçants et théâtres du quartier et d’un changement de ton, moins alarmiste, de la part de Transport for London. A Shoreditch, dans l’est de Londres, on est cependant encore loin des chiffres habituels pour cette période de l’année. Le propriétaire d’un magasin bio parlait de baisse des ventes de 15% en moyenne contre 5% en août 2011.
Le tableau est différent à Stratford. Le Westfield Shopping Centre, ouvert quelques mois à peine avant les Jeux et passage presque incontournable pour atteindre le Parc olympique, semble battre des records. Pour des entreprises qui ont pu avoir un stand sur un des sites olympiques, les Jeux sont également une aubaine.  » Nous produisons environ le double de ce qu’on produit habituellement, travaillons jours et nuits et avons dû engager du personnel supplémentaire, » explique le propriétaire de l’un d’eux. Tous les magasins et restaurants ont cependant dû s’adapter aux perturbations du réseau routier et organiser un système de livraison nocturne.

Les transports fonctionnent
La ville désertée, les déplacements se déroulent sans trop de problèmes. On n’en attendait cependant pas moins de ce pays expert ès files. Les transports publics sont également largement exploités. Selon Transport For London, les premiers résultats montrent une augmentation de 10% des trajets en métro et bus. Il y aurait donc quelque 15 millions de trajets par jour en moyenne, contre 12 millions en temps normal. Les « Boris Bike », les Villo londoniens, auraient aussi été pris d’assaut en juillet avec un pic le 26, veille des Jeux. Pour la première fois en quatre ans, toutes les lignes de métro fonctionnent même le week-end. Impressionnant!

Le moral de la population presque au zénith
Depuis la cérémonie d’ouverture, le moral des Britanniques remonte. Les plus réticents sont progressivement happés par l’euphorie des jeux. Les médailles d’or amassées par les athlètes britanniques et la presse qui relègue la crise au second plan pour consacrer ses gros titres aux exploits sportifs contribuent à cette bonne humeur croissante dans une grande partie de la population. « Il faudra voir lorsque tout sera fini, quand l’enthousiasme sera retombé, si le pays pense que les Jeux en valaient vraiment la chandelle, » met en garde Julien Cheyne, du Counter Olympics Network.

Les hôtels et loueurs de logements déchantent
Convaincus que les Jeux allaient être un véritable jackpot, beaucoup d’hôtels avaient doublé, voire triplé, leurs prix pour la période olympique. La plupart ont déchanté. A quelques semaines du début de l’événement, ils ont dû brader leurs prix de 30 à 60% pour essayer de remplir les chambres encore vacantes. La première semaine, le taux d’occupation était de 80%, soit 10% de moins qu’en période normale. Nombreux sont aussi les propriétaires qui comptaient faire leur beurre sur le dos des touristes, leur louant chambre ou appartement pour un prix parfois exorbitant. Déception ici aussi pour la plupart.

Le chômage régresse, mais gare aux lendemains de veille…
Malgré la crise, on comptait 65.000 chômeurs en moins les trois mois précédents mai, faisant passer le taux de chômage de 8,3 à 8,1%. Parallèlement, 61.000 jobs auraient été créés pendant cette période uniquement à Londres. Les syndicats et les économistes mettent dès lors en garde contre un effet olympique. Ces chiffres ne seraient qu’une illusion de reprise qui pourrait s’évanouir dès la fin des festivités. Le ministre britannique de l’Emploi dénonce, lui, un discours alarmiste.

La parole au Counter Olympics Network

Publicités