Un Belge à la Tate

Posted on 2 février 2012 par

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Chris Dercon, 54 ans, père de trois enfants, a repris les rênes de la Tate Modern au printemps 2011. Selon le magazine Fantastic Man, en devenant directeur de cet établissement, il a rejoint le rang «des penseurs les plus influents du monde de l’art». Trends Tendances, 2 février 2012

Après des études en théorie du cinéma, histoire de l’art et théâtre à Amsterdam, ce Belge, originaire de Lier, près d’Anvers, commence sa carrière comme réalisateur de documentaires pour la radio et la télévision belge tout en exerçant une activité de curateur indépendant notamment en Belgique, aux Pays-Bas, à New York et à Tokyo.
A la fin des années 1980, un changement important s’opère. Nommé directeur des programmes au MoMA PS1, à New York, il s’envole vers les Etats Unis. A partir de ce moment-là, les postes de direction se succèdent. Après quatre ans passés outre-Atlantique, il repart vers l’Europe où il dirigera le centre d’art contemporain Witte de With de Rotterdam pendant cinq ans, le musée Bijmans van Beuningen, également à Rotterdam, pendant sept ans et enfin le musée munichois, la Haus der Kunst, pendant huit ans.
Curateur audacieux et passionné, il est considéré comme ayant projeté le musée allemand d’art contemporain sur la scène internationale. C’est sous sa houlette que l’artiste chinois Ai Wei Wei a tapissé en 2009, la façade du bâtiment de sacs à dos d’enfants, ou que Paul McCarthy l’a, en 2005, recouverte de ballons géants. Des événements qui n’ont pas manqué d’attirer l’attention outre-Manche.
Les leçons qu’il a tirées de ses différentes expériences ? «On doit accepter l’idée qu’on peut faire des erreurs. Il faut aussi éviter de présenter un artiste trop vite. Il y a parfois une bataille entre curateurs pour être le premier à montrer tel ou tel artiste. Parfois il vaut mieux attendre», souligne-t-il. Et quand on lui demande de décrire le rôle d’un directeur de musée, il lance, avant de s’envoler vers son prochain rendez-vous, une conférence qu’il doit donner sur Gerhard Richter : «En fait, je suis à la tête d’une pieuvre. De plus en plus, le rôle d’un directeur de musée est un rôle de rédacteur en chef d’un journal, de producteur de films, de gestionnaire d’équipe, de coach, de médiateur. Il faut être comme une pieuvre. C’est l’animal le plus lent et le plus rapide de son milieu biologique.»

Géraldine Vessière

Voyage au centre de la Tate

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Posted in: Culture, Economie