Les tendances de la glisse

Posted on 11 février 2011 par

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En matière de descente, il y en a pour tous les goûts, et pour toutes les bourses. Voici quelques éclairages sur les dernières tendances, de l’Europe de l’Est aux stations spécialisées dans l’accueil des enfants. Un article de Franceline Beretti paru dans Trends-Tendances.

On a tendance à l´oublier, mais vous pouvez skier en-dehors des Alpes : les Etats-Unis, par exemple, sont très bien équipés en infrastructures de ski. Mais il y a aussi d´autres destinations, plus confidentielles. Avez-vous déjà envisagé de combiner mezzés et ski au Liban ? De dévaler les pistes de Chypre ? De chausser vos après-skis en Nouvelle-Zélande ou au Lesotho ? Plus de 70 pays offrent des stations de ski en plein air dans le monde. Pas forcément la solution la plus économique, pas non plus la plus intéressante en ce qui concerne la variété des pistes et des parcours, mais à avoir en tête si vous voulez sortir des vacances de ski traditionnelles.

Les destinations pour skier hors des Alpes

Parmi les nouvelles destinations auxquelles penser, certaines sont plus prisées que d´autres, notamment celles d´Europe de l´Est. « Les pays de l´Est ont des infrastructures qui datent de l´époque soviétique, et depuis quelques années, ces stations se mettent à niveau. Mais attention, seulement quelques-unes d´entre elles atteignent des normes internationales ! », indique Laurent Vanat, consultant suisse qui suit le marché du ski de très près. Parmi celles qui commencent à se faire un nom, au niveau international, il cite Bansko, Borovets et Pamporo, en Bulgarie, Poiana Brasov, en Roumanie, Zakopane, en Pologne ou encore Kranjska Gora, en Slovénie. Les tours-opérateurs anglais, comme Inghams, n´hésitent d´ailleurs pas à proposer des séjours vers ces destinations. Ce marché est-européen est encore en phase de maturation, et, dans quelques années, il pourrait attirer un nombre plus significatif de skieurs internationaux, car les prix sont attractifs. « C´est surtout intéressant pour ceux qui, de toutes façons, doivent prendre l´avion pour aller skier : les Anglais, les Néerlandais, ou les Belges », explique Laurent Vanat.

Du cote des tours operators, pourtant, on est moins convaincu du succès de ces destinations auprès de la clientèle belge : Neckermann a proposé des séjours ski en Bulgarie pendant deux saisons, et a arrêté cette année. « On s´est aperçu que les clients accrochaient très peu sur ces pays ! Les prix de l´hébergement sont intéressants, mais les offres ne sont pas les mêmes. Les formules du type « all inclusive » n´existent pas. Et s´ils ont fait de gros progrès concernant les chambres proposées, le service n´est pas toujours encore à la hauteur », raconte Baptiste Van Outryve, porte-parole du tour operator. Du coup, Neckermann préfère attendre l´évolution des offres des pays de l´Est avant de recommencer à les proposer comme destination à ses clients.

Des stations de plus en plus spécialisées

Quelques stations ont décidé de surfer sur des demandes particulières, notamment concernant l´accueil des enfants. En Autriche, c´est notamment le cas de Serfaus-Fiss-Ladis, trois villages traditionnels qui misent tout sur leur coté family friendly. Cette station fait partie des plus importantes en Autriche, avec plus d´un million de journées-skieur par saison. Les touristes viennent d´Allemagne, de Suisse, du Benelux et de Grande-Bretagne, mais un quart de ces visiteurs sont des enfants ! Le secret ? Des aires de jeux aménagées dans les villages, des espaces réservés à l´initiation des enfants aux sports de neige, une pédagogie de l´apprentissage du ski propre à la station (dénommée « accouchement sans douleur », elle laisse l´envie d´apprendre se développer chez l´enfant), une mascotte, des téléphériques seulement pour les petits et des restaurants self-services adaptés à leur taille ! La formule fonctionne plutôt bien, et la station arrive à développer des activités en période estivale aussi, du fait de sa renommée.

Ibiza du Tyrol

Si la formule familiale a beaucoup d´adeptes, une autre tendance est plus festive. La station autrichienne d´Ishgl, baptisée l´ « Ibiza du Tyrol », mise tout sur un profil de client bien particulier : « les 25-55 ans, jeunes dans leur tête, au fort pouvoir d´achat et  au mode de vie exalté », décrit Laurent Vannat. La station investit beaucoup dans la modernité du matériel, et dans les festivités : elle compte 14 bars après-ski et sept night-clubs ! Mais le choix de stations où l´on puisse faire la fête n´est pas nouveau, selon Baptiste Van Outryve. « Le public étudiant est toujours à la recherche de ce genre de destination. Il part pour s’amuser, en privilégiant l´après-ski, et pour le reste, c´est économies maximales ! Voyage en autocar, partage d´une même chambre à quatre, où l’on fait soi-même le ménage et la cuisine… L´Autriche est plus intéressante que la France pour ce genre de demandes ». Seulement, à Ishgl, le touriste ne doit pas être un étudiant fauché : vu tout le soin apporté par « la mecque de l´après-ski » à son image de station jeune et dynamique, son public cible doit rentabiliser les investissements.

Renouvellement

Ira-t-on vers des stations de ski de plus en plus ciblées sur un public spécifique, familles ou jeunes ? En tout cas, selon Laurent Vanat, le secteur est préoccupé par le renouvellement de la génération de skieurs. Les pratiquants sont essentiellement des babyboomers, mais leur progéniture est moins nombreuse à chausser les skis. Les pays occidentaux subventionnent de moins en moins de classes de neige, qui coûtent cher, et, une fois atteint 20 ans, si on n´a jamais skié, il est peu probable de s´y mettre ensuite. Cette spécialisation de certaines stations est donc peut-être un moyen de trouver son créneau, sur un marché dont l´avenir ne scintille pas pour tous les acteurs.

Franceline Beretti

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Posted in: Economie