Le Ballet royal de Flandre à Londres

Posted on 5 juin 2010 par

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Le Ballet royal de Flandre présentera à Londres, et pour la dernière fois, une reprise d' »Artifact », un des premiers ballets de William Forsythe, chorégraphe qui a profondément influencé le monde de la danse classique. Ce spectacle rare ne sera pas boudé par le public, alors que, dans les coulisses de cet exceptionnel spectacle, des conflits se nouent et se dénouent. L’Echo, le 14 avril 2012

En 1984, « Artifact », sorti de la tête et du corps de William Forsythe, émergeait sur la scène du Ballet de Francfort. Jouant avec les codes du ballet, courbant, étirant, déformant les standards du classicisme, le spectacle avait, à l’époque, bouleversé le monde de la danse.
Artifact de William Forsythe par le Ballet royal de FlandresVingt­cinq ans plus tard, Kathryn Bennetts, directrice du Ballet royal de Flandre, l’a ressuscité. Il est rare d’avoir l’occasion d’encore voir une des premières oeuvres de William Forsythe. L’ancien directeur du Ballet de Francfort, chorégraphe qui a inspiré des générations de danseurs, est réticent à l’idée de laisser d’autres reprendre ses créations. Il ne fait confiance qu’en quelques personnes dont Kathryn Bennetts, qui a longtemps été son bras droit. C’est ainsi la quatrième oeuvre de l’artiste américain que l’ex­danseuse australienne a apportée au Ballet royal de Flandre. « Artifact est une ode au ballet ­ Bill y exprime son amour pour cet art ­ mais c’est aussi un drame, résume­t­elle. C’est un spectacle très architectural, très théâtral, dans lequel la lumière contribue à créer une atmosphère particulière. »
Après des débuts sur les planches anversoises, la production a déjà tourné aux Pays­Bas, en Pologne, en Allemagne, au Luxembourg ou encore à Paris, avant d’arriver, dans quelques jours, à Londres. Sadler’s Wells accueillera la semaine prochaine les 49 danseurs du Ballet royal de Flandre pour trois représentations, les dernières.

 Du rififi en coulisses

La tournée internationale, qui devait se poursuivre l’année prochaine, notamment à New York et au Canada, a de fait dû être brusquement interrompue. Malentendus, décision du ministère flamand de la Culture de fusionner l’opéra et le Ballet d’Anvers, erreurs de communication, désaccord un peu trop franchement voire violemment exprimé et jeux de pouvoir au sein des hautes sphères en ont décidé autrement. Après plus de 7 ans au service du Ballet d’Anvers, Kathryn Bennetts s’est vu notifier que son contrat ne serait pas prolongé. En juin, cette Australienne, passionnée de danse depuis son plus jeune âge, quittera donc la scène anversoise. Et avec elle, s’en iront une partie de la compagnie on parle d’un tiers des danseurs ­ ainsi que plusieurs des productions montées depuis son arrivée. Mécontents de la manière dont la directrice artistique a été traitée, certains chorégraphes, qui avaient accepté de laisser le Ballet de Flandre reprendre leur création pour un prix dérisoire, ne semblent pas enclins à avoir les mêmes largesses en l’absence de celle qui les a inspirées.
Le nouveau directeur artistique du Ballet Royal de Flandre aura donc d’importants défis à relever à son arrivée. Cela n’empêchera pas de savourer « Artifact » à Londres d’ici là.

Géraldine Vessière

Le Ballet Royal de Flandre a interprété Artifact à Sadler’s Wells à Londres du 19 au 21 avril. Pour plus de détails:
http://www.sadlerswells.com

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