Egon Schiele et les femmes

Posted on 4 juin 2010 par

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Malgré une courte carrière, Egon Schiele, mort à 28 ans, a laissé une œuvre abondante derrière lui. Absent des musées britanniques, deux événements lui sont consacrés, ce mois-ci, à Londres. Un article paru le 11 juin 2011 dans L’Echo

Pour célébrer l’ouverture de sa nouvelle galerie, au 22 Old Bond Street, Richard Nagy a décidé de consacrer sa première exposition à une de ses plus grandes passions, qui a contribué à faire sa réputation : EgonSchiele. Avec  » Women « , le galeriste présente près de 50 dessins et aquarelles de cet artiste de la Sécession viennoise. Et, pour cette première édition, il se concentre sur les femmes, sujet de prédilection de Shiele. On peut y admirer « Nu assis en bas violets », « Femme avec enfant » (1910) ou encore « Les bas verts » (1914).

A deux pas de là, Sotheby’s mettra en vente, le 22 juin,  » Hauser mit bunter Wasche, Vorstadt II », du même artiste. Cette huile sur toile n’a encore jamais été vue en vente publique et n’a changé que deux fois de propriétaire au cours de son histoire. Selon les estimations de la maison de vente, la pièce devrait atteindre 20 à 30 millions de livres. Elle a d’ailleurs fait l’objet d’une offre irrévocable d’achat. En d’autres termes, le propriétaire, le musée Leopold de Vienne, a la certitude d’empocher au moins 20 millions de livres.  » En offrant une telle garantie, Sotheby’s fausse le jeu avant même qu’il ne commence, commente Richard Nagy. Lorsque deux maisons de vente aux enchères se battent pour avoir une œuvre, elles en arrivent à faire des promesses qui disqualifient directement d’autres candidats acheteurs. La possibilité d’acquérir le tableau à un prix intéressant et attractif pour les enchérisseurs potentiels est dès lors compromise. »

Malgré la qualité de cet artiste prolifique, ses œuvres sont principalement recherchées par un petit noyau de collectionneurs avides et passionnés. « Les autres artistes de la Sécession viennoise, comme Klimt, ont une audience plus large, admet Richard Nagy. Je pense que c’est parce que Schiele demande plus d’attention. Il interpelle son audience. Ses dessins impliquent celui qui les regarde, créent une interaction avec lui.  » Et de poursuivre :  » Schiele est plus reconnu que connu. Les gens vont reconnaître ses dessins ou ses peintures, mais ils ne vont pas spécialement les associer à son auteur.  » L’érotisme de ses œuvres continue aussi de choquer. Rejetant l’hypocrisie de l’establishment de l’époque face à la nudité féminine, il peignait les femmes nues, montrait ce qui était, tel qu’il le voyait. Cela choquait à l’époque il a été poursuivi et condamné pour exposition d’enfants à des images pornographiques , cela choque encore aujourd’hui certaines personnes. « C’est pour cela que j’ai inclus cinq autoportraits dans l’exposition. Pour montrer que Schiele se mettait au même niveau que les femmes qu’il peignait. Il se traitait de la même manière, voire plus durement, que ses modèles féminins. »

Géraldine Vessière, à Londres

Les dessins présentés dans  » Women  » sont visibles jusqu’au 30 juin. Certains sont en vente, d’autres ont été prêtés par des collectionneurs avec qui Richard Nagy a fait affaires par le passé. Les prix vont de 300.000 euros à 2,8 millions d’euros.

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Posted in: Culture